L'architecture afro-brésilienne à Porto-novo (BENIN) : patrimoine en péril

Ref.: 84
Área temática: 01 Integridad física de los paisajes urbanos históricos
Fecha de recepción: 16/11/2008

AUTORES (* Autor principal)

AHOUASSOU, Léonard Dossou * (Benin) - Musée ethnographique de Porto-Novo

ABSTRACT

Au début du xixe siècle, avec l'abolition de l'esclavage, il s'est produit à partir de 1830, un mouvement de retour sur l'ancienne côte des esclaves. Il s'agit d'esclaves affranchis ou de leurs descendants, de négociants ou de serviteurs assimilés qui se sont installés à Aneho au Togo, à Ouidah et Porto-novo au Bénin et aussi à Badagri au Nigéria. La plupart d'eux étaient venus du Brésil d'où leur nom : Afro- Brésilien. Du fait de leur métissage, les populations autochtones les appelaient Aguda. Musulmans pour la plupart, ils sont venus à Porto- novo par petits groupes et leur occupation s'étend de la berge lagunaire vers le nord de la ville ; plus précisément dans le centre nord. Ils ont servi d'intermédiaires entre les autochtones et les colons. Elites de la société porto-novienne, les Afro-brésiliens étaient des fonctionnaires, des commerçants et des artisans. La richesse de leur patrimoine se traduit par la maîtrise des savoirs faire dans plusieurs domaines dont celui de l'architecture. Très particulière et représentative du patrimoine de cette communauté, le style architectural afro- brésilien s'est inspiré de l'architecture brésilienne, dans les formes, la décoration et la coloration ; avec le temps, ces éléments architecturaux ont influencé le développement de la ville dans l'espace et dans le temps et sont devenus constitutifs de son identité. A Porto-Novo, plusieurs bâtiments s'inspirent de cette architecture : le bâtiment abritant la poste, le bâtiment central du musée ethnographique, le palais royal d'été de Gbèkon etc. Cependant, très peu de personnes sont sensibles à leur état : la plupart qui ne sont pas encore rasées pour faire place au béton, sont en ruines et délaissées par leurs occupants et ce, dans l'indifférence générale. Il y a plus que urgence à mener des actions au risque de voir partir un jour tout un pan du patrimoine d'une ville.

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